Tout a commencé pendant les vacances de février dernier : retour de de Bourgogne. J'arrive dans Tours et je suis vite bloqué dans les embouteillages. Les travaux de la première ligne de tramway de l'agglomération tourangelle ont débarqué en plein centre-ville ! Face à la mairie, près de la gare...
Le lendemain, je reviens voir de plus près les travaux, situés derrière des barrières orange et blanche. Et l'idée d'une sorte de "carnets de voyage" des travaux du tram naît alors dans mon esprit.

Sitôt dit, sitôt fait ! Un bloc aquarelle 24 x 32, des crayons, des feutres liner, un feutre orange, une gomme mie de pain, un appareil photo (je commence toujours par prendre une photo de la scène qui m'intéresse avant de dessiner : tout simplement parce que les engins de chantier - et je ne parle pas des ouvriers... - ont une fâcheuse tendance à ne pas prendre la pose !), un trépied, un gilet jaune et depuis peu un casque de chantier (récupéré lors d'une visite en échange de la reproduction d'un de mes dessins !) - ces deux derniers accessoires sont indispensables pour pouvoir passer de l'autre côté des barrières en toute sécurité, avec l'autorisation du chef de chantier. J'allais oublier l'élément essentiel qu'est le vélo pour effectuer la plupart de mes déplacements le long des 15 km de la ligne et ainsi éviter les embouteillages.

Au début, ce fut facile de trouver les endroits stratégiques et de les dessiner. Mais à certains moments, je me suis heurté à des difficultés (hauteur des barrières, manque de recul, circulation des voitures ou des piétons trop proche...) Je me suis alors appuyé sur des photos. Et puis de mercredi en mercredi (les seuls jours où je pouvais être sur place... jusque fin juin...), j'ai pris de l'assurance, n'hésitant pas à dessiner mon bloc posé sur une barrière L'arrière-saison au temps exceptionnel que nous venons de vivre m'a fait sortir tous les jours. Maintenant, on commence à me connaître sur certains chantiers, alors je peux m'installer à l'intérieur pour avoir un meilleur angle de vue. Et puis, les ouvriers sont curieux de ce que je fais, sont parfois admiratifs (je me promène toujours avec les derniers dessins finalisés que je leur montre) Ce projet est aussi l'occasion de rencontres et d'échanges.

Chaque fois que je vais sur le "terrain", je rentre avec plusieurs dessins au crayon que je reprends dans mon atelier au feutre liner : je peaufine les détails (détails techniques entre autres pour ce qui concerne les engins de chantier - une première pour moi - et ce, grâce à la photo. Un travail qui prend deux bonnes heures pour chaque dessin. La touche finale, c'est la couleur orange que je mets sur les barrières qui signalent les travaux.
Dessin noir et blanc, une seule couleur !

Quand, après un mois et demi de travail, j'ai présenté mes vingt premières planches à deux chargées de communication concernées par le projet de tramway. L'accueil a été mitigé : pour faire court, elles trouvaient mon travail intéressant au niveau technique, mais voilà , elles étaient là pour promouvoir le tramway, donc pas pour mettre en valeur des travaux qui étaient sources de gêne pour les habitants, les commerçants, les automobilistes...
Je leur ai dit que j'allais poursuivre mon travail et que je les recontacterai plus tard.
Fin mai : inauguration de la Guinguette, lieu d'animation estivale en bord de Loire. Les "huiles" de la ville étaient là , alors, j'ai distribué des petites reproductions de plusieurs de mes dessins. Même élan unanime pour dire l'originalité du projet et l'encourager. Fin juin (j'en suis à cinquante planches), je rencontre l'adjoint au maire chargé du patrimoine. Il se montre enthousiaste devant mon travail (c'est Monsieur Tramway au niveau de la Mairie) et me dit qu'on va se revoir avec une des dircoms citées plus haut...
Il faut attendre début septembre : lui, le politique, veut faire plein de choses avec mes dessins. Elle, elle freine car elle ne voit que dans l'avenir. Difficile de concilier les deux points de vue. Une proposition d'exposition dans le cadre d'une Journée des métiers est avancée... pour le 30 novembre !
J'ai donc continué à bosser - faut bien occuper sa retraite...- septembre, octobre et novembre... Des journées entières passées au milieu des travaux ou dans mon atelier à finaliser mes dessins... pour en arriver à plus de 100 planches aujourd'hui !
J'en ai sélectionné une quarantaine, 15 ont été retenus. J'ai fait une proposition d'encadrement. Finalement, mes dessins ont été reproduits sur toile et montés sur chassis... après négociation. Ouf !

Exposition d'une journée, dans un endroit pas facile à localiser, une information au public quelque peu tardive, ce qui fait que ce ne fut pas la foule des grands jours ! Mais qu'importe ! Le projet vit, je l'ai montré. Ceux qui l'ont vu ont beaucoup apprécié (l'originalité de la démarche a plu... "Ca change des photos !..." la technique utilisée aussi) Une personne m'a acheté trois dessins !
A SUIVRE... avec plein d'espoirs !








